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Economie

Stéphane Demilly témoigne !

dans Economie

Lorsque j’étais étudiant à Sup de Co Amiens, en 1983…, une proposition nous a été faite par la CCI de participer à l’animation d’une émission en cours de préparation (« La Somme des Entreprises » dont les principaux animateurs étaient Luc Delebeque, responsable du service des Grandes Entreprises à la CCI et Nadine Rohm en charge de la communication.
Avec deux de mes collègues étudiants, Christian Jungling et Jean-Charles Frey, nous avons pris en main une rubrique (cette émission était hebdomadaire) appelée
« I comme innovation » afin de présenter en quelques minutes les produits et les process innovants lancés dans notre département.
Même si notre intervention ne durait que trois ou quatre minutes, nous étions stressés comme des puces…
Au fil du temps, j’ai co-animé cette émission avec mon fidèle ami Luc et cela a duré des années…
Cette expérience, à n’en pas douter, m’a fait un bien fou et m’a aidé dans la suite de ma carrière de consultant et d’élu politique.
Je suis très nostalgique de cette période…
Merci de faire vivre ce souvenir !

Une animatrice multicartes !

dans Economie/Emissions musicales/Magazines

Trois participations… dans les années 1983-1984

Rosanna (Thème : variété anglo-saxonne)

La première fois où j’ai mis les pieds dans les locaux de Radio Amiens, c’était pour parler du chanteur des Doors, Jim Morisson.Nous étions en 1983, je louais un appartement au dessus de celui d’une animatrice, Marie-Astrid : nous n’étions pas particulièrement proches mais un jour, nous avons eu l’occasion de discuter dans l’ascenseur de l’immeuble : je l’ai invitée à prendre un café et elle avait été étonnée par la discothèque et la bibliographie dont je disposais sur l’actualité musicale anglo-saxonne. J’avais vécu avec des musiciens professionnels, je les voyais encore et je profitais de leurs connaissances ! Il y avait un créneau horaire inoccupé avant sa propre émission : elle m’a proposé de venir parler d’un musicien pour, en quelque sorte, “voir comment c’était une radio libre” !

Je me souviens avoir été impressionnée à l’idée que d’autres entendraient ma voix : j’ai pris, comme on dit, la chose très au sérieux et j’ai préparé avec moult détails une sorte de documentaire sur un groupe, les Doors. Je suis arrivée au studio avec mes propres disques….

L’émission se terminait et j’ai vu rentrer dans le studio Francis Lec, qui dirigeait alors en quelque sorte Radio-Amiens. Il m’avait entendue dans sa voiture et m’a proposé d’avoir ce créneau à part entière. Il avait été convenu que je ne traiterais que de ce que je connaissais, la musique anglo saxonne (blues, rock) des années 70/80. J’ai choisi un indicatif, le titre Rosanna du groupe Toto et, tous les samedis après-midi, je venais présenter un chanteur ou un groupe pendant une heure. Je préparais très sérieusement ces séquences : il y avait déjà une émission de type “hit parade” et je voulais m’en démarquer. Je faisais donc une émission de variété quasi documentaire en choisissant les artistes et “morceaux” de sorte qu’il y ait un fil conducteur, une logique.

À cette époque, nous n’en étions plus à l’image de la radio libre “bande de copains” sans cadre ni loi ! On respectait les horaires et le technicien était salarié, ce qui assurait une qualité quasi professionnelle de son. Et, du moins dans le domaine musical, je pense que c’était l’âge d’or : nous n’avions pas d’obligation de promotion de tel ou tel nouveau titre et c’était le bouche-à-oreille qui assurait le nombre croissant d’auditeurs.

J’ai à l’instant un souvenir amusé d’une des émissions… J’avais évoqué la carrière d’Otis Reding et expliqué que l’un de ses plus grands succès, The dock of the bay, était en fait posthume puisque l’avion dans lequel il voyageait avec ses musiciens s’était écrasé en décembre 1967 dans un lac, ce avant la première diffusion de l’enregistrement sur les ondes en janvier 1968. Un auditeur a alors appelé en demandant si des concerts de ce chanteur étaient prévus en France : la standardiste, hilare, m’a rapporté le propos en me disant que je n’avais pas dû être très claire dans mes explications !

Je connaissais peu d’autres intervenants, simplement parce qu’étant salariée, je venais assurer mon créneau et ne fréquentais pas les locaux le reste du temps : les noms qui me reviennent sont ceux des bénévoles qui étaient là avant ou après moi.

Enregistrement des informations quotidiennes
C’est dans ce contexte que j’ai rencontré Jean François Delost : il cherchait une voix féminine pour alterner les informations dans les spots quotidiens enregistrés le matin et rediffusés toutes les heures ensuite.

Si je me souviens bien, l’un de nous allait récupérer lesdites “infos” très tôt au Courrier Picard (6h30 environ) : nous préparions ensuite l’ordre des annonces et rédigions les titres. L’enregistrement avait lieu après, épreuve parfois stressante parce que le direct n’autorise pas le bafouillage et les “infos” se doivent d’être présentées avec sérieux. Or, l’enregistrement était rediffusé toutes les heures. Il y a eu quelques couacs… dont j’étais essentiellement responsable parce que j’avais le fou rire facile. Un fou rire, c’est imprévisible et souvent incontrôlable : avec le recul, je me dis que les animateurs professionnels qui tiennent l’antenne en direct ont parfois du mérite à rester stoïque.

J’ai dû arrêter ces enregistrements matinaux pour une raison matérielle : comme j’avais une activité salariée à 30 kms d’Amiens (j’étais alors enseignante en collège), le rythme que m’imposait l’heure matinale n’était pas tenable au long terme : je m’en suis rendu compte un jour où je me suis quasiment endormie pendant une réunion…

Quant à la troisième activité….
Le Magazine économique et social

Francis Lec nous a demandé de concevoir une émission type magazine d’actualité : nous traiterions de sujets d’actualité avec des invités et les auditeurs appelleraient pour poser leurs questions. C’est ainsi que le “Magazine économique et culturel” est né. Je ne suis plus absolument certaine de l’intitulé exact, d’ailleurs.

La première émission a été consacrée à l’affaire Klaus Barbie : parmi les invités, le bâtonnier Gérard Savreux et Philippe Pauchet, historien. J’ai un souvenir ému de Maître Savreux qui a généreusement invité toute l’équipe au restaurant ensuite et je tiens aujourd’hui à lui rendre hommage car il a toujours répondu “présent” à mes sollicitations sur d’autres sujets.

Je me souviens également d’une émission consacrée à une réforme en milieu médical. Nous avions invité des professionnels du CHU d’Amiens : parmi eux, le chef de service “cardiologie”, deux internes aujourd’hui eux-mêmes cardiologues, l’un à Abbeville, l’autre à Amiens (ils se reconnaitront !). Il y avait eu de nombreux appels émanant d’étudiants en médecine, et le Professeur était reparti quelque peu déstabilisé. J’ai appris par la suite que les étudiants avaient profité de l’anonymat pour soulever les divers problèmes au service : la toute puissance des chefs de service avait été quelque peu égratignée ce jour là…

Une autre émission m’a frappée, et pour cause…. J’étais alors en poste dans un collège qui possédait un GRETA et assurait à ce titre la formation continue d’adultes non qualifiés. Bref : nous avions consacré une émission au thème du “chômage” et, puisque nous allions aborder les problèmes de qualification et de formation professionnelle des adultes, nous avions -pour ce qui concernait l’éducation nationale- invité le DAFCO (délégué académique à la formation continue) représentant le recteur dans ce domaine. J’étais d’évidence bien placée pour mesurer les dérives et dysfonctionnements existants puisque j’en voyais certains dans mon établissement (le sujet est d’ailleurs toujours d’actualité…) Je n’ai pas hésité à poser certaines questions dérangeantes. Les intervenants étaient-ils tous réellement qualifiés, l’utilisation des fonds accordés faisait-elle l’objet d’un contrôle impartial, l’assiduité des inscrits était-elle réelle, les diplômes étaient-ils décernés après une réelle et sérieuse évaluation des compétences etc…

Le lendemain, j’ai été violemment interpellée par mon chef d’établissement : “vous vous rendez compte que grâce à vous, le rectorat va venir fourrer son nez dans nos affaires… “. Je ne lui avais pas dit que j’étais” à Radio Amiens mais visiblement, le DAFCO n’était pas resté inactif.

Ces “magazines” ont été instructifs : ils étaient préparés dans un esprit de “débat contradictoire”, étaient en direct et ce n’était pas toujours facile. Certains intervenants n’étaient pas prêts à affronter les questions embarrassantes d’auditeurs et réagissaient en nous demandant de couper l’antenne au moment de répondre (j’ai le souvenir d’un médecin devenu mutique suite à une remarque faite en direct sur ses dépassements d’honoraires exigés en “espèces” !).

1984, c’est l’année des secondes élections européennes pour élire les députés au Parlement européen. Nous avons donc consacré certains débats au sujet et la difficulté des questions posées en “vrai direct”, c’est à dire sans filtre préalable s’est avérée toute aussi vraie lorsqu’il s’agissait d’élus, surtout lorsqu’ils étaient jeunes. Les anciens étaient rompus aux joutes oratoires mais certains des plus jeunes percevaient les questions trop incisives comme des agressions personnelles parce qu’ils n’avaient pas encore intégré le fait qu’étant les représentants de tel ou tel parti ou organisme, ils en étaient de fait les porte-parole auprès de la population. Nous avons ensuite décidé de ne plus laisser les auditeurs s’adresser directement aux invités avant vérification des questions, lesquelles ne devaient pas avoir de caractère personnel.

Aujourd’hui encore, je sais que cette expérience m’a appris à prendre du recul sur ce qui est possible ou non en matière de “direct” radiophonique : quelle que soit la station, lorsque les auditeurs s’expriment maintenant, ne nous leurrons pas, c’est toujours après être passés par un ou plusieurs filtres et c’est une quasi nécessité : il suffit de parcourir certains forums pour le comprendre, certains de nos concitoyens ne font pas toujours la distinction entre insulte, accusation, diffamation et question.

Voilà… ce fut une belle expérience sur beaucoup de points, entre autres parce que le seul fait d’apprendre à parler face à un micro n’est pas un apprentissage inutile : tous ceux qui ont du s’exprimer face à un large auditoire le savent. Ensuite parce que les radios libres ont été des lieux de rencontre et même si elles ont été éphémères, il y avait un parfum d’aventure et d’imprévu.  Enfin, parce qu’il y avait alors encore un air de liberté intellectuelle et de foi dans les vertus de la communication spontanée…

J’avoue ne plus avoir de souvenirs précis de la suite, de la façon dont cela s’est arrêté… : c’était il y a plus de trente ans ! Et pour continuer dans la réflexion, cette absence de souvenirs précis m’interpelle… m’invitant à prendre du recul face à ceux qui racontent trop précisément leurs souvenirs de témoins un demi siècle après les évènements….

Béatrice Chopin-Monteverdi

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