ERWAN : “ Tout ce que je ne vous ai jamais dit” ! (Série 2 “L’enfance”/ épisode 5 /6)

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G > D : Stéphane Demilly, Jean-François Leblond, Jean-Michel Héniquez, François Dufour, Francis Lec, Erwan, Laurent Sauvage

Ma cabane au Canada :

Il y avait dans la grange au fond du jardin, une grande remise à coté de l’endroit où mes parents garaient leur voiture.
Là, étaient entreposées d’énormes caisses qui contenaient l’appareil de radiologie que mon père s’était fait livrer et dans lesquelles je pouvais me tenir debout !

À cette époque, tous les gens de la campagne, n’avait pas la possibilité de se rendre sur Amiens pour pouvoir passer une radio. Cet appareil était donc très utile, pour mon père, pour affuter son diagnostic, et bien pratique pour sa clientèle.
Et pour moi, c’était une aubaine, car c’est avec ces sortes de containers en bois, laissés à l’abandon que j’allais monter au fond du jardin mon tout premier studio de radio !

Muni d’un marteau, d’une scie et de quelques clous, j’allais donc m’activer, après avoir pris soin d’observer et d’inventorier ce que je pouvais utiliser ou non.
À cette époque, j’avais à peine 10 ans et étais haut comme trois pommes. Je devais donc prendre en considération le fait qu’il faille que j’aie assez de force pour pouvoir seul, éventrer, assembler, scier, et trainer à l’extérieur dans le jardin ces morceaux de caisse.

Ensuite, j’allais les assembler comme un “Lego”, pour en faire une petite cabane, où allaient résonner mes premières émissions de radio !

Par chance, mes parents avaient compris que j’étais fasciné par la musique et les microsillons. Ma mère me racontait toujours que déjà très petit, je pouvais distinguer les 4 saisons de Vivaldi. Un jour, alors que j’étais souffrant, je lui avais demandé depuis ma chambre de me mettre “le printemps” sur le grand pickup de Papi (Albert), mon grand-père français, dans le salon. À son grand étonnement, elle dut faire face à mon mécontentement, car je lui affirmais droit dans les yeux, que ce n’était pas le bon morceau. Après vérification, Christiane dut se rendre à l’évidence, elle s’était bien trompée de face, en positionnant le disque sur le plateau et avait mis l’automne.

C’est ainsi que mes parents décidèrent vers mes 7 ans de m’offrir un Teppaz ! Une sorte de petit électrophone en forme de valise que l’on pouvait emmener partout avec soi et dont le couvercle était muni d’un haut-parleur et le reste était constitué par le tourne-disque.

Je n’avais pas commandé ce jouet au Père Noel, car je ne connaissais que les amplis à lampes de mon grand-père Albert. Mais je crois que ce fut mon plus beau cadeau et celui avec lequel j’ai joué le plus longtemps.

Mon père qui devait être toujours prêt à sauver le monde, se devait d’avoir une voiture, qui démarre en toute saison. Et c’est peu dire, car de mémoire, il avait au moins accouché deux de ses patientes dans sa 4 L bleue, en voulant les amener en urgence à la maternité ; à cette époque le SAMU n’existait pas !

Par conséquent, la batterie de sa voiture devait être toujours chargée à bloc. Il y avait donc à la maison une énorme rallonge d’une bonne cinquantaine de mètres, enroulée autour d’un énorme cercle en plastique, mais sans poignée, comme on les fabrique maintenant et qui permettait de joindre la prise de la cuisine, à la batterie de la voiture garée au fond de la grange.

Par chance, mon studio de radio était seulement à quelques mètres de là. Le jeudi, jour de congé pour les enfants à cette époque, je déroulais bien soigneusement ce rouleau qui à ce moment-là, devait bien faire en diamètre le tiers de ma taille. Je prenais bien soin, comme me l’avait conseillé ma mère, de ne brancher le câble dans la cuisine, qu’une fois celui-ci déployé et à l’autre extrémité, de raccorder ensuite mon Teppaz que j’avais posé bien délicatement dans mon “studio”.

Et hop, me voilà entrain de singer Fabrice et de faire ma “Case Trésor“ à moi ! Le tout était entrecoupé de chansons que j’avais été chercher parmi les 45 tours de mes parents, les Platters, les Brothers Four, sans oublier les disques que mon père avait entendus à la Bergerie… Et mes gagnants fictifs se voyaient offrir des cadeaux somptueux…

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